Anecdotes historiques

La saga d'Escoire

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MICHEL LOISEAU


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Préhistoire

Tout commence au paléolithique, enfin, à peine quelques jours après, lorsque Monsieur René Andertal, demeurant à la résidence “ Les Mammouths ”, à Lascaux, décide de s'installer dans un lieu magnifique, qu'il appelle LE SQUARE, en souvenir des promenades qu'il faisait dans un joli parc floral avec sa maman, quand il était petit.

La Gaule

Plus tard, l'aide de camp de Vercingétorix, Talmatos Élévix, quincaillier ambulant de formation, arrive à ESCOIRE à cheval, la gare n'ayant pas encore été construite.
Il s'arrête au bureau de tabac pour demander son chemin, mais demande finalement la main de la fille du buraliste.
Il s'associera à son beau-père, et boostera les ventes de tabac en mettant les cigarettes roulées dans de jolis paquets bleus, qu'il vendra sous le nom de “Gauloise” en hommage à sa bourgeoise.

Le moyen-âge

Encore plus tard, alors que la nuit tombait sans crier gare au soir du 24/12/498, Clovis part pour se faire baptiser à ESCOIRE. Mais le guide, Germier Michelin, un incapable originaire de Soissons, se trompe de route et arrive à Reims. Clovis entre alors dans une colère noire, et prononce la phrase restée célèbre :

« Ah, ben j'men souviendrai, du naze de Soissons ! »

Trop tard pour rejoindre ESCOIRE, le sacre est improvisé à Reims en toute hâte, tandis qu'à ESCOIRE, l'évêque se trouvant disponible, on lui colle une hotte sur le dos dans laquelle on place les présents prévus pour Clovis, on l'installe sur une charrette tirée par des rennes, et on l'expédie dans la campagne pour distribuer les cadeaux à tous les pauvres des alentours.
Et c'est ainsi que commence, à ESCOIRE, la légende du père Noël...

An de grâce 1177

Le Pape Alexandre III oblige le roi Louis VII à signer, avec son homologue Henri II, un traité d'amitié. Ce dernier, qui organisait des buffets campagnards (les fameux buffets Henri II), exige alors l'exclusivité de l'ordonnancement des festivités de Saint-Tropez. Louis VII le jeune, vieillissant, accepte, et pour sceller l'amitié, décide de faire bâtir un pont à Avignon, afin de faciliter le transport des huitres d'Oléron vers Saint-Tropez.
Commence alors de gigantesques travaux pour construire une route directe d'Oléron à Saint-Tropez, passant par ESCOIRE et le pont d'Avignon.
L'ouvrage à peine édifié, les Avignonnais déclarent le jour de l'inauguration jour férié, et comme c'est un jeudi, ils font le pont. Hélas, ils mènent une telle sarabande, dansant tant et si bien sur ce pont, qu'il s'écroule.
Les travaux sont alors instantanément stoppés, une commission d'enquête est nommée, et une cellule psychologique est mise en place pour les survivants.
ESCOIRE se trouvant exactement sur l'axe Oléron--Saint-Tropez, le Prévost des marchands de la commune, Gontrand Lamonet, estimait qu'elle allait devenir rapidement une ville étape, et serait assurément inscrite au guide Michelin. Sa fille, Perrette, avait même prévu d'y faire bâtir un gigantesque poulailler, une étable ultramoderne, une porcherie écologique, des éoliennes, un music-hall, etc...
Hélas... un messager lui apporte la terrible nouvelle, et les aspirations des gouvernants et des habitants d'ESCOIRE s'effondrent !
« Tout ça à cause de la frivolité de la valetaille d'Avignon ! »
S'exclame l'archevêque de Trélissac, Monseigneur Le Clair, fou de rage ! Et la chanson « Sur le pont d'Avignon » est frappée d'excommunication*, interdisant ainsi que la complainte soit, même murmurée, dans un rayon de 96 lieues autour d'Escoire.
(Soit clairement : 288 000 toises de Gascogne)

* Approuvé par bulle papale le lundi 27 juin 1177, et abrogé lors des accords de Montoire, le 24/10/1940.

14 Juillet 1259

C'est un mardi, et ce n'est pas encore férié, puisque la Bastille ne sera construite qu'un siècle plus tard. Le roi, Monsieur Neuf, Louis de son prénom, et surnommé le Saint, part à Vincennes afin d'y rendre la justice sous son chêne favori.
À peine installé, un gland lui tombe sur la tête ! Son conseiller Léon Six trône à ses côtés, et lui lance, histoire de fayoter : « Sire, vous venez de découvrir la gravité ! » Le roi, sachant que son mentor est aussi un flattor, le rabroue :
« Imbécile, tu sais bien que pour la gravité, ce n'est pas l'heure… et puis ce sera Newton, et avec un pommier ! Moi, c'est la justice… avec un chêne, ça a quand même une autre allure !
D'ailleurs, il nous faut un deuxième chêne, celui-ci perd ses glands ! »
Léon Six trône, mais ne règne pas ! Il obéit donc illico, et trouve le deuxième chêne à Escoire, lors d'un voyage organisé par l'ORTF  au profit des alchimistes nécessiteux. (Organisation Régionale des Trufficulteurs Féodaux)
En effet, à cette époque, les alchimistes périgourdins s'évertuaient à transformer le plomb en truffe, or noir local, et manquaient de moyens.
(D'où l'expression “truffé de plomb” qui est restée en usage, en Corse notamment)
C'est donc à ESCOIRE, que le deuxième chêne est inauguré quelques jours plus tard avec la venue du roi. Léon Six trône à ses côtés, comme à l'habitude, et commente la cérémonie d'ouverture du premier procès, qui oppose le médecin d'un village voisin à son patient, ce dernier lui reprochant de l'avoir émasculé, alors qu'il lui avait demandé de le vacciner.
Le disciple d'Esculape se défend, en prétextant que son client s'exprimait mal et parlait bas, comme s'il craignait d'être entendu. Le supplicié répond que, souffrant d'une extinction de voix, il était justement venu demander qu'on le vaccinât contre la grippe.
Le roi, sage, fait remarquer que le vaccin n'est pas encore inventé, et recommande au manant, non sans peine, mais sans malice, de se reconvertir dans le classement, et s'occuper, par exemple, à prendre en mains des fiches.
Il condamne cependant le chirurgien à rembourser le pauvre castré. Voilà comment, et pourquoi, on installa le deuxième chêne à ESCOIRE, et l'histoire du procès d'ESCOIRE, dont on parle encore aujourd'hui dans les chaumières.

Pour les amateurs, les contrepèteries sont en italique (capitale Rome).

Fin du XVI ème siècle

Le bon roi Henri fait régulièrement des aller et retour de Pau, où il a sa maison de campagne, à Paris où il a sa résidence principale. Ce faisant (pan pan), il passe régulièrement par ESCOIRE, notamment afin de prendre des nouvelles de Gabrielle, qui brûle son esprit. Gabrielle d'ESCOIRE, qui prendra plus tard, par pur snobisme, le pseudonyme de Gabrielle d'Estrée. Un jour que le roi passait, sa voiture écrasa fâcheusement un volatile traversant sa route, et appartenant à la belle Gabrielle, dont l'amour étrangle sa vie.
Celle-ci, horrifiée, cria au vert galant : « Mince... ma poule ! » Le roi, qui justement en pinçait pour la belle, pour se faire pardonner, mit sa bourse dans un pot, et ordonna à tous les nobles d'en faire autant, afin que chaque villageois puisse, comme lui, s'offrir une poule.
D'où la légende de la poule au pot d'Henri IV.
Légende qui prit donc racine à ESCOIRE...

Passage du XVII è au XVIII è siècle

Le changement de siècle est rude, et plus difficile que le passage à l'heure d'été. Le jardinier Le Nôtre, n'arrivant pas à régler sa montre, décide de mourir. Ses dernières volontés, hélas, ne seront pas respectées. Son notaire, maître Surlavoi, fait savoir à ses héritiers qu'il avait formulé le souhait d'être inhumé dans les prestigieux jardins d'ESCOIRE qu'il avait dessinés, en secret, sur son petit cahier à spirale Clairefontaine. Ceux-ci, alors affolés par le coût des travaux, incitent le notaire à trafiquer le document, et le font inhumer plus sobrement à l'église Saint Roch'& Clerc à Paris.
Ses descendants, plutôt épicuriens, voulaient bien se livrer aux plaisirs de la terre, pourvu que ce ne soit pas en bêchant. Ils décident finalement de se lancer dans la restauration. Sachant bien que le joyeux gourmet bine en pouffant, Ils vendent les outils de l'illustre jardinier pour s'acheter un chapeau de cuisinier ainsi qu'un livre de recettes, et s'attaquent à la confection d'une purée mousseline.
Leur opiniâtreté finira par payer, puisque leur arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petit-neveu, Gaston, réussira enfin la fameuse purée, et ouvrira de nombreux restaurants !

... Mais ceci est une autre histoire...

Et les contrepèteries sont toujours en italique...

XVIII è siècle

Le château d'Escoire.

Tout commence au milieu du XVIIIe siècle, lorsque Louis XV décide de faire un cadeau à la marquise de Pompadour.
Il envoie alors en reconnaissance un homme de confiance, un nommé Mandrin, célèbre pour avoir inventé la chignole, qui parcourt alors la France à la recherche d'un joyau architectural à la mesure des ambitions royales.
Passant un jour à ESCOIRE, il est instantanément séduit par l'endroit enchanteur et l'accueil des autochtones, d'autant qu'il y arrive le 20 mai, jour de la Sainte-Outrille, patronne des confits de canard, et fêtée à l'époque, en grande pompe, par les habitants.
Après avoir visité un joli petit castel, susceptible d'être agrandi pour en faire une belle demeure, il téléphone aussitôt au Roy pour lui décrire les lieux.
Saint-Simon, dans ses mémoires, relate le dialogue entre le Roy, et son émissaire :
— Allo, Sire ?
— Oui, mon bon Louis, je t'écoute... parle haut, car ça passe mal...
— Entendu, Sire...
— Oui, oui... entendu... mais moi je n'entends rien !
— Ah... et là, vous m'entendez ?
— Un peu mieux... bon, as-tu trouvé quelque chose d'intéressant ?
— Je crois, sire... vous m'entendez ?
— Oui, oui... et, est-ce qu'il y a une belle chambre ?
— Oui, sire... j'ai visité... j'entrais dedans la chambre... mon Dieu qu'elle était grande !...
...J'y trouvais mille écus, je mis la main... vous m'entendez ?
— Oui, oui... c'est un peu haché, mais continue, c'est quoi cette histoire d'écus ?
— J'y trouvais mille écus, j'y mis la main dessus !
— Tu lui as mis la main où... ah, je t'entends mal... qu'est-ce que cette histoire de main... au c...?
... au quoi, tu dis ?
— Non, sire... dessus ! je mis la main... vous m'entendez ?
— Ah, j'entends rien... Allez, arrête ta complainte *, Mandrin, c'est incompréhensible...
...va plutôt à la poste... et envoie-moi un télégramme, ce sera mieux !

On connaît la suite, Louis Mandrin, bien qu'ayant la confiance du Roy, partit finalement avec le magot volé dans la chambre, qui aurait dû être celle de la Pompadour...
Cette dérobade ne lui porta, évidemment, pas bonheur !
Le Roy, qui avait pourtant le dessein de créer une ligne directe Versailles- ESCOIRE, dut renoncer à son projet, et acheta finalement le Palais de l'Élysée pour sa maîtresse.
Il s'en est donc fallu d'un léger “ malentendu ” pour que la résidence du Président de la République Française ne soit à ESCOIRE. Le château fut finalement achevé par un autre.

... Mais ceci est une autre chanson...

* Nota : pour les paroles complètes de la complainte de Mandrin, achetez le disque d'Yves Montand.

ILLUSTRATION :

On voit ici Louis Mandrin, envoyé du Roy, sortant du château pour faire son rapport.
Un œil exercé reconnaîtra une bourse de 1 000 écus qu'il tient fermement de la main gauche, tandis que de la droite, il téléphone au Roy.
Comme le montre la gravure, Mandrin ne voyait pas plus loin que le bout de son nez, et il avait horreur qu'on le regarde de travers...
Il préféra donc garder la bourse, qu'il surveille de l'œil droit, plutôt que de servir la France !
Heureusement, les temps ont bien changé, et l'on n'a plus, aujourd'hui, cette mentalité...

Fin du XVIII è siècle

L'affligeante histoire du nougat d'Escoire.

ESCOIRE était autrefois mondialement réputée pour sa fabrique de nougats. (mais si !)
Hélas, l'évêque de Montélimar, Monseigneur Dézanno, en guerre avec le seigneur du lieu, le Prince Senryre, suite à un désaccord concernant le taux de TVA applicable sur l'eau bénite, profita de ce que ce dernier fut parti guerroyer dans la forêt Barade, pour voler le procédé d'élaboration de la célèbre friandise, qu'il avait pourtant habilement dissimulé dans la chasse d'eau de ses WC.
Dès lors, à Montélimar, on se mit à fabriquer des contrefaçons du précieux nougat.
Le bon Roy Louis XVI régnait encore à l'époque, mais peu avant de perdre totalement la tête, il avait déjà un peu perdu l'usage de l'ouïe. Aussi, lorsque les gardes affolés l'avertirent de la prise de la Bastille, importante péripétie de notre histoire, il comprit qu'on évoquait une brise de la pastille, qui n'est qu'une légère flatulence, sans conséquence sur le cours des évènements. Il n'accorda donc à l'incident qu'une importance mineure, se contentant d'agiter un peu son mouchoir à titre préventif, afin de disperser d'éventuels effluves aussi incongrus qu'incommodants.
Toute la cour loua aussitôt le flegme admirable du souverain, alors que l'évêque félon profitait de l'infirmité du bon Roy, n'ayant, par de machiavéliques circonvolutions sémantiques, aucune peine à lui faire croire que le nougat n'avait jamais été fabriqué à Escoire, mais venait bien, de temps immémoriaux, des manufactures royales de Montélimar.
Il étaya sa thèse de fallacieuses arguties :
Son arrière-grand-mère, née le jour de l'inauguration de la fabrique, n'avait-elle pas été prénommée Nougatine, justement à cette occasion ? La statue de Sainte Praline*, ne trônait-elle pas en bonne place dans la cathédrale de Montélimar ? Les hosties traditionnelles n'étaient-elles pas remplacées de longue date, à Montélimar, par des rondelles de nougatine ?
Autant d'arguments que le souverain, acoustiquement affaibli, n'écouta que d'une oreille distraite, tandis que l'autre était occupée par d'inquiétantes rumeurs.
Le Roy, qui n'avait déjà plus toute sa tête, se laissa convaincre par le perfide prélat, et octroya d'importants subsides pour permettre aux nougatiers de son évêché de se faire des nouilles encore, puisque, en plus de la gourmandise sucrée, ils fabriquaient en douce des pâtes alimentaires, dont la recette avait été, elle aussi, chapardée au Père Lustucru, chanoine de l'abbaye voisine de Sarliac.
... Mais ceci est encore une autre histoire...

* Sainte Praline : connue pour avoir tenu la dragée haute aux Berlingoths, venus de l'est de la Germanie au Vème siècle. Ils tentèrent d'envahir la ville, mais du haut des remparts, Praline leur balança des pruneaux (d'Agen) pour les faire déguerpir. Elle fût canonisée par le Pape Marcel 4, le 27 juin 1698.

ILLUSTRATION :

Gravure représentant l'évêque félon dérobant la recette du nougat d'Escoire.
L'artiste de l'époque a parfaitement rendu la scène, on notera l'œil torve et le visage chafouin du prélat qui en disent long sur son indélicatesse.
À qui se fier ? On s' demande !!

Archive déclassifiée, aimablement prêtée par le ministère de la Confiserie.

XIX è siècle

Un projet pharaonique avorté : Le canal d'Escoire.

Au milieu du 19e siècle, le ministre des Travaux publics, Pierre Magne, commande à Ferdinand de Lesseps la construction d'un canal pour relier l'Auvezère à L'Isle. L'ouvrage, long de près de 3 kms, rendra possible le trajet Auberoche - ESCOIRE, en évitant Le Change, car le Franc subit quelques fluctuations néfastes aux agioteurs.
Cela devrait donc permettre de ne pas perdre au Change, et c'est un pari que le ministre espère gagner, en misant sur la Lauterie * que doit traverser le canal.
À cette époque, le commerce régional dépend des gabares, qui transportent quotidiennement le foie gras, les truffes, les barriques de Pécharmant et les madeleines Bijou jusqu'à Périgueux, puis Bordeaux, La Barbade et Caracas.
Le syndicat des gabariers d'Escoire étant très puissant, Napoléon III craignait une révolte pouvant le mettre en difficulté. Il appuya donc le projet qui devait permettre aux gabariers d'éviter les terribles courants des boucles de l'Auvezère au Change, dans lesquelles les chargements étaient souvent mis à mal, surtout par gros temps.
Hélas, encore une fois le destin va contrecarrer ce projet colossal, car Ferdinand de Lesseps va être appelé par Mohamed Saïd Pacha pour construire le canal de Suez.
... J'vous demande un peu !!
Et voilà comment le canal d'Escoire ne fut jamais construit par Ferdinand de Lesseps, laissant un goût amer aux gabariers du lieu. Ceux-ci prirent alors contact avec Victor Hugo qui, détestant l'empereur, s'empressa de lui mettre cet échec sur le dos, en relatant plus en détail cette affaire dans “ La légende des siècles ” !

* La lauterie : voir sur la carte.

XX è siècle

Juin 40, 2nd conflit mondial :
Alors qu'une colonne allemande s'apprête à pénétrer dans la ville d'ESCOIRE, Monsieur Maurice Quetou, qui venait de fêter ses noces de plexiglace, sort de l'auberge “chez Nanar”, et traverse la route sans regarder, effectuant d'étranges zigzags. Cette ruse oblige l'ennemi, déconcerté, à s'arrêter, portant ainsi un coup fatal à sa progression. Il sera décoré par le général Eisenhower, à la fin de la guerre, pour cet acte héroïque.

Eté 1969

Nous sommes au mois de juillet. Depuis bien longtemps, WERNHER VON BRAUN travaille en grand secret dans les sous-sols du château d'ESCOIRE, à la fabrication d'une fusée lunaire. Celle-ci est pratiquement terminée. Personne ne s'est aperçu que la partie centrale du château, astucieusement maquillée, dissimule l'engin qui doit partir pour la Lune. Le temps presse, car les Américains veulent gagner la course à la Lune. A ESCOIRE, seul le professeur TOURNEDO, qui dirige l'équipe, est au courant. En hommage au professeur, prénommé Paul, le programme spatial avait pris le nom de code de “ Programme à Paulo ”.
Le jour du départ est fixé symboliquement au 14 juillet au soir, jour où l'on tire les feux d'artifice. Malheureusement, il faut l'accord du garde champêtre, monsieur Alphonse O'cagouince, un immigré d'origine irlandaise, qui s'avère introuvable. On ne remettra la main dessus, hélas, que 48 heures plus tard.
L'abus de whisky lui ayant fait perdre la notion du temps et de l'espace, le malheureux s'était enfermé dans une cabane au fond du jardin. Se croyant à Pearl Harbor, il avait pris les feux de Bengale de la fête nationale pour les signes d'une attaque japonaise.
Le professeur TOURNEDO décide finalement de se passer de l'accord du garde champêtre. Mais le sort s'acharne sur le programme à Paulo, car les allumettes destinées à mettre le feu aux poudres pour faire partir la fusée, ayant été stockées dans les sous-sols humides du château, sont inutilisables et c'est la mort dans l'âme que le professeur doit renoncer au lancement de l'engin lunaire.
Voilà pourquoi les Américains ont marché sur la Lune avant l'équipe d'ESCOIRE qui était pourtant prête 2 jours avant eux !

...Ah, quand ça veut pas, ça veut pas !! *

* Lao Tseu, philosophe.

Hier, fin d'après-midi

Patrick François, qui postulait pour le poste de Président de la République, se voit refuser l'investiture de son parti, le P.P.G.*, au prétexte que son permis de pêche n'était pas à jour ! (* Parti du Pied Gauche)
Furieux, il écrit au Pape et au président du club de pétanque de La Bourboule pour protester contre cette injuste mise à l'écart. Ceux-ci, pour le consoler, lui expédient, l'un, une ostie millésimée et dédicacée, et l'autre, une boule antimite pouvant servir de cochonnet, ou de trou amovible pour terrain de golf portatif, au choix.
Un peu rasséréné, il décide de devenir président d'un Club humoristique périgourdin, qu'il constitue aussitôt à ESCOIRE, au mépris du danger, et sans l'accord de sa famille.
Cet acte fondateur s'inscrit dans l'histoire, entre la découverte de l'ouvre-boîte à vapeur, le 1er avril 1765 par le docteur Mathurin Sélévair *, et le clonage des paillassons mexicains, qui devrait pouvoir être effectif dès la fin de la semaine prochaine, selon nos dernières informations.

* Rappelons que le docteur Mathurin Sélévair (1729-1802), malgré son invention révolutionnaire, mourra dans la misère, car les premières boîtes de conserve ne seront mise en circulation que quelques années après sa disparition.

Le livre de Patrick François en illustration est en vente chez tous les bons libraires périgourdins ou sur le site perigordlivres.fr